Un Été 44, le spectacle musical de l’année

Un Été 44, le spectacle musical de l’année

 

Qu’ont en commun Jean-Jacques Goldmann, Yves Duteil et Charles Aznavour ? De prime abord, mise à part une discographie importante et des disques d’or à la pelle, pas grand chose. Et pourtant, ils sont tous réunis avec d’autres très belles plumes de la chanson française sur le nouveau projet de Valéry Zeitoun.

Loin des comédies musicales actuelles et leurs ribambelles de titres « markétés » diffusées en boucle par les partenaires médias – ne pense pas que je n’aime pas ça hein – « Un Été 44 » joue pleinement son devoir de mémoire sans tomber dans les clichés des super-productions concurrentes.

Comme le dit très justement Mr Zeitoun, « Ici, la star c’est le spectacle et on est tous à son service ». Au casting, pas de grands noms mais des artistes déjà connus du grand public – Philippe Krier (Nouvelle Star) et Alice Raucoules (Star Academy 8) en tête – mais avec de très belles découvertes comme Nicolas Laurent – qui, né en 1999, me fiche un sacré coup de vieux. Passant de la ballade aux chansons pop-rock, le spectacle musical de cette fin d’année remplit pleinement son rôle en nous transportant durant 2 heures soixante années en arrière.

Une période noire de l’Histoire Française, laissant place après 6 années de peur, de larmes et de pertes humaines aux trente glorieuses, prémisse de la révolution moderne et féminine. En tant que Lorraine, cela résonne encore plus pour moi, nos terres de l’Est ayant subit avec puissance la folie d’un seul homme.

Nous découvrons donc les souffrances du peuple Français à travers les yeux de 3 jeunes Normandes – Solange, Anne-Marie et Yvonne – prises comme de nombreuses femmes, mères et sœurs au cœur de cette tourmente militaire qui les éloignera d’êtres chers.

Avec le temps, il est facile d’oublier. Combien de survivants de cette époque – nous paraissant si lointaine dans notre monde devenu égocentrique – ont eu la force de raconter à leurs proches ce qu’ils ont eu la malchance de vivre : la peur de perdre un proche plus forte que la peur de perdre sa propre vie, l’angoisse du lendemain, les restrictions et les interdictions, l’obligation de se cacher pour espérer à un meilleur lendemain, marcher des jours durant en quête d’espoir et tenter de croire encore en l’Humanité. Une période lointaine mais pourtant tellement proche, il suffit de regarder l’actualité pour s’en rendre compte.

La peur de la différence et de l’inconnu pousse à la folie, ce spectacle nous rappelle qu’il suffit parfois d’ouvrir les yeux et d’apprendre à découvrir la personne derrière l’apparence. Les milliers d’enfants nés de l’union de soldats allemands et de jeunes Françaises en sont la plus belle preuve.

Nous passons donc par toutes les émotions au fil de la soirée, la peur au ventre, au fond de la cave vibrant à chaque bombardement et le sourire aux lèvres au moment de la libération de la France. La musique adoucit les mœurs et en ce jour de D-Day, la Nation libérée reprend ses belles couleurs au son des 2436 pianos Steinway, largués pour propager le Jazz à l’instar de la star montante de l’époque Django Reinhardt.

Pour un producteur, chaque projet est important, de la genèse à la sortie en DVD. Certains se lancent sur plusieurs projets en même temps, courant plusieurs lièvres à la fois au risque de n’en attraper aucun. Valéry Zeitoun n’est pas de cette trempe-là, lui qui se dit « petit producteur » assiste avec un œil neuf chaque soir à la représentation au balcon du Comédia, notant chaque petit détail permettant d’améliorer le spectacle et de permettre au public de comprendre mieux cette partie de l’Histoire de nos vies, dont il parle avec émotion.

Les recherches et la préparation étaient longues avant de pouvoir présenter « Un Été 44 » aux spectateurs : des recherches historiques – on y découvre notamment l’histoire injustement méconnue des Rochambelles – aux rencontres d’anciens militaires du IIIe Reich, enrôlés malgré eux au service d’une idéologie qui n’était pas la leur. En parlant avec lui, on remarque sa fierté, compréhensible d’avoir pu faire naître un projet aussi riche en émotions.

Du casting des artistes – car on y découvre bien plus que des chanteurs – à la mise en scène – signée Anthony Souchet – en passant par la présence de la sublime Marisa Berenson en tant que narratrice, le défi est brillamment relevé.

Si l’occasion se présente, ne loupez vraiment pas ce musical, vous avez même le devoir d’emmener vos enfants ou votre neveu ! Parole de Lorraine, vous en ressortirez différent !

Seul ombre au tableau, aucune date de prévue pour le moment en Lorraine, il faudra se rendre chez nos cousins alsaciens pour découvrir le spectacle au Zénith de Strasbourg du 17 au 18 juin 2017.

Pour réserver tes places, c’est par ici !

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