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La vérité si je mens, les débuts – Rencontre6 min read

Il aura fallut attendre 22 ans pour découvrir les origines de l’amitié fraternelle qui lie Yvan, Dov, Serge et Patrick. Des personnages et des répliques devenues cultes au fil des films. Mais pourquoi vouloir revenir dans les années 80 au commencement? Comment Patrick Abitbol est-il devenu cet homme d’affaires ? Les réponses étaient entre les mains des scénaristes des premiers volets.

Rencontre avec Michel Munz et Gérard Bitton, les scénaristes et réali- sateurs accompagnés des talentueux Mickael Lumière, Dov, et Anton Csaszar, Serge.

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Pourquoi faire ce choix de parler de la jeunesse des personnages ?

Michel Munz : C’est l’envie de réaliser enfin qui nous a poussé à faire ce film, nous ne l’aurions pas fait pour un quatrième volet. Nous n’avions aucune raison de prendre la place de Thomas Gilou, qui n’a vraiment pas démérité mais quand nous avons envisagés de faire la jeunesse de nos personnages, nous nous sommes dits que c’était l’occasion de nous les approprier complètement !

Dans ce film, nous plongeons au cœur des années 80, bien loin de l’ère de la technologie que nous connaissons actuellement…

Gérard Bitton : C’était assez drôle, ça a surtout permis de mesurer la vitesse des innovations technologiques. Il y a une scène notamment, avec Mickael (Dov), où il devait composer un numéro sur un téléphone à cadran, il ne savait pas comment faire !

Michel Munz : On s’est rendu compte surtout en écrivant de la difficulté de l’époque pour se joindre. À l’heure actuelle, presque tout le monde a un portable mais à l’époque, il fallait rentrer chez soi, écouter son répondeur et si on voulait joindre quelqu’un c’était beaucoup plus difficile. Il y a plein de chose qu’il a fallut prendre en compte dans l’écriture du scénario.

Le premier film de la Vérité si je mens est sorti en 1997, vous avez 23 et 24 ans, comment arrive t-on à s’imprégner de personnages maintenant très liés à leurs acteurs respectifs ?

Anton Csaszar : Quand on m’a contacté pour passer le casting, j’étais en barbecue et je n’ai pas réalisé tout de suite. C’est une chance et une pression, j’ai grandi avec les films. José Garcia est un acteur très talentueux avec beaucoup de charisme, je trouve que c’est un super acteur. Je savais que cela serait difficile mais c’est aussi une vraie chance ! J’ai du regarder les films au moins quarante fois, pour pouvoir m’imprégner de son jeu, de son rythme de parole, de son accent. C’est un travail très intéressant !

Gérard Bitton : Nous ne voulions pas d’une imitation des acteurs qui tenaient déjà les rôles, il fallait s’en inspirer mais ne pas les imiter !

Il y a de nombreux clin d’oeil aux précédents films, notamment celui au personnage de Rafi, interprété avec brio par Elie Kakou. C’était important pour vous d’avoir ces liens ?

Michel Munz : Nous sommes très heureux d’avoir pu créer des personnages qui sont devenu un petit monde, c’était l’occasion de faire revivre même les disparus. Rafi, on était très attaché à son personnage mais nous sommes surtout très heureux d’avoir trouvé un comédien qui arrive à reprendre le rôle avec autant de talent !

Les plus attentifs pourront vous voir dans ce film, notamment vous Michel dans le rôle du réceptionniste de l’hôtel, pourquoi ce choix ?

Michel Munz : On a toujours fait des apparitions dans nos films, Gérard est moins visible dans celui-là, il est de dos ! J’ai beaucoup travaillé pour ce rôle, j’ai fait 6 mois de préparation dans un hôtel (Rires)

Gérard Bitton : J’ai été coupé au montage ! (Rires)

Michel Munz : Dans la scène du baccalauréat, le surveillant qui passe de dos c’est Gérard, et quand on le sait, ça change toute la perspective du film !

© Alain Guizard – La Vérité Production

C’est Audrey Dana, qui campe le premier rôle féminin avec brio, et qui joue une femme amoureuse de Dov. Comment s’est passé le tournage avec elle, Mickael ?

Mickael Lumière : C’était super, nous nous sommes rencontrés en amont du tournage pour briser la glace. Nous avons pris le temps de discuter, elle est très jeune dans son attitude. Elle est hyper bienveillante, j’étais beaucoup moins stressé pour tourner les scènes après ça.

Quand vous avez écrit le premier scénario, aviez-vous en tête ce que les personnages pouvaient être avant et qui est le contenu de ce film aujourd’hui ?

Michel Munz : C’était un exercice d’imaginer ce qu’avait pu être les débuts, nous avions déjà à l’époque assez de travail avec le scénario initial. À la fin du premier film, tout était découvert mais le succès était tellement fort qu’on nous a demandés de réfléchir à une suite. Mais c’est vrai qu’imaginer le début de l’histoire de Patrick a été le plus compliqué pour nous, nous devions trouver d’où provient sa fortune !

Gérard Bitton : C’est une grande chance de pouvoir faire une suite, encore plus de pouvoir faire la suite de la suite ! Il est facile de tomber dans une structure, c’était plus exaltant de repartir sur un prequel, ce qui est assez rare en France !

On retrouve le même début d’histoire entre ce film et le premier de la trilogie avec l’arrivée dans le sentier du personnage d’Eddy, alors que dans celui-ci on découvre l’arrivée de Dov. S’agit-il d’un choix ou d’une coïncidence d’écriture ?

Gérard Bitton : Il fallait les faire arriver dans le sentier, si tout se passait pendant les cours cela prenait une dimension différente. Nous avons opté pour les débuts dans la vie active, comment on rentre dans le sentier, dans les affaires…

Y aura t-il un prochain volet ?

Michel Munz : On espère, si dieu veut ! On aimerait bien faire la suite de celui-ci parce que nous avons l’impression de ne pas encore être arrivés au premier volet mais tout cela est encore dans nos têtes


LA VÉRITÉ SI JE MENS, LES DÉBUTS !

Au début des années 80, Patrick, fils à papa désinvolte, va, après son premier échec amoureux, se transformer en talentueux entrepreneur. Dov, dont la mère attend de brillantes études, quitte le lycée pour travailler dans le Sentier tout en séduisant la femme de son patron. Yvan prend de l’assurance au fil des épreuves professionnelles. Et Serge ne cesse d’inventer des bobards pour séduire la plus belle fille du lycée et embrouiller ses parents sur son bac.

Au cinéma le 16 octobre 2019

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