Alexandre Cavalli, le globe-trotter

✏️ Audrey 3 juin 2017
Alexandre Cavalli, le globe-trotter
“Tu retrouves un peu d’espoir en l’être humain en allant à San Francisco, après un séjour là-bas tu te dis que peut-être tout n’est pas perdu.”

Il y a des gens avec qui tu parles et qui te donnent l’impression de les connaître depuis des années. Alexandre Cavalli fait partie de ces personnes. Il connaît bien Nancy pour y avoir vécu 30 ans et 2 jours (attention, il y tient !) avant de s’envoler pour Propriano, mais reste fidèle à ses valeurs puisqu’il a souhaité collaborer sur cette exposition avec la société Heillecourtoise de la famille Payot.

Très réputée dans la métallerie et la ferronnerie, ils sont à l’origine de bon nombres des sublimes pièces de l’exposition : du cable car aux boutiques en passant par les cellules d’Alcatraz reproduites à l’échelle 1. Un travail de titan pour donner vie aux souvenirs californiens d’Alexandre.

On sent, en prenant le temps de découvrir à travers ses yeux, sa motivation à faire passer le message du Summer of love, peut-être un peu trop oublié par ces temps où l’actualité vire au sombre.

Je te propose de découvrir le pourquoi du comment et d’avoir quelques pistes de sa prochaine découverte qui ressortira en exposition.

Comment se porte le choix de la ville pour les thèmes de tes expositions ?

Déjà pourquoi des villes, parce qu’il y a plus de monde, à l’heure actuelle, vivant dans une ville qu’à la campagne, même pour les voyages on ne dit plus je vais en Chine, on dit « je vais à Pékin » ou « je vais à Shangaï ». Les villes sont maintenant des mondes en soi, par exemple New York n’est pas l’Amérique. Il y a des villes à nul autre comparable comme Venise par exemple, on a déjà traité le thème de New York en se rendant compte que ça correspondait bien aux attentes du public, des organisateurs et par voie de conséquence des exposants. Cela draine du monde, et même des personnes qui ne viennent pas habituellement sur une foire comme les jeunes, les bobos, ceux qui snobent un peu les foires.

Et pourquoi une autre ville américaine après New York ?

Il y a un événement qui me touche beaucoup dans l’histoire américaine, c’est le Summer of love, le mouvement beatnik qui s’est transformé plus tard en mouvement hippie, véhiculant le message de paix et d’amour. Le sigle est identifié partout, aujourd’hui on vit dans un monde vraiment cruel, des gens qui adhèrent à des doctrines haineuses. J’ai vu l’homme marcher sur la Lune quand j’étais enfant, sur la télé achetée spécialement pour l’occasion par mes grands-parents, et je pensais que le monde serait différent. Je n’ai pas voulu rater l’occasion de parler de ce mouvement d’enthousiasme et d’espoir de ces années là, entre le Summer of love et le concert de Woodstock, je voulais leur rappeler en toute humilité et avec mes moyens modestes, qu’on a rêvé de paix, d’amour et d’un avenir.

En terme de logistique, quelle est l’organisation pour déplacer une aussi grosse expo ?

Ça représente 7 semi-remorques parce qu’on transporte tout le matériel y compris les pendrillons pour faire les boîtes noires

L’exposition est-elle accessible à tous les âges ?

Il y a deux angles d’approches : juste les photos pour ceux qui veulent la découvrir avec les images et les explications qui représentent environ 80 pages pour ceux qui veulent approfondir les recherches, ce qui va prendre une bonne heure.

Combien de temps y a t-il en amont pour préparer un tel projet ?

Ça s’est fait en un temps record, on a mis 2 ans pour le japon, 1 an et demi pour New York et celle-ci, sur San Francisco, en moins d’un an.

Nicolas, ton fils, collabore avec toi sur vos expositions, comment se répartit l’organisation ?

Nico est plus sur la restauration et la gestion des gens de son âge qui travaillent avec nous, et il le fait très bien, le reste c’est moi qui gère.

Comment prépares-tu tes recherches ?

Je pars avec ma culture générale en sachant qu’en arrivant dans la réalité il va falloir fermer tous les bouquins que tu as lus, oublier les films que tu as vus parce que la réalité est complètement différente, elle est beaucoup plus complexe.

En arrivant à San Francisco j’ai été émerveillé, les villes deviennent de plus en plus laides, on vend les centres villes en délaissant la périphérie mais pas là-bas. Pendant mon voyage, je n’avais plus envie de partir, je trouvais ça trop beau : la côte, les forêts et les gens : très beaux parce que très libres, pas libertins mais libertaires, ils pensent différemment.

Si la Silicone Valley est à coté de SF ce n’est pas pour rien, c’est une ville qui pense différemment, le Burning Man est né là. Tu retrouves un peu d’espoir en l’être humain en allant à San Francisco, après un séjour là-bas tu te dis que peut-être tout n’est pas perdu.

Les photos sont sublimes que ce soit celles en couleur comme celles en noir et blanc, d’où viennent-elles ?

Il y a beaucoup de photos qui sont à moi, les autres sont achetées ou libres de droit. Un jour, j’ai vu une photo, des painted ladies, ces maisons victoriennes et une autre d’une nana. Je me suis dis que les couleurs de ses vêtements allaient hyper bien avec, et j’ai eu une révélation. C’est ça qu’il fallait que je fasse, il fallait montrer les gens dans leur ville. On a beaucoup de panneaux d’habitants mixés avec de l’architecture.

Connais-tu déjà ta prochaine destination ?

Franchement, j’aimerais bien savoir ce qui se passe à Buenos Aires, au niveau historique ils ont plein de choses : l’aéropostal, le tango… ou la Nouvelle Zélande que beaucoup de gens ont découvert grâce au Seigneur des Anneaux mais ce n’est heureusement pas que cela : la voile, le rugby.

Merci Alexandre pour cette belle rencontre et ton amour des autres !

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San Francisco à deux pas de chez toi !

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2 réactions

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