François Damiens, les caméras cachées dans le sang

François Damiens, les caméras cachées dans le sang

Il présente son premier film en tant que réalisateur, "Mon Ket" est le road movie d'une relation père-fils originale, tourné principalement en caméras cachées. Rencontre avec François Damiens qui prouve une nouvelle fois son talent pour l'improvisation organisée.

Dany Versavel est un prisonnier prêt à tout pour retrouver son fils. Pensez-vous que ce soit un mauvais père ?

J’ai pris conscience de la responsabilité d’être père quand je suis sorti de la maternité avec mon premier enfant. Je conduisais différemment, je ne voulais plus dépasser les voitures avec autant de fougue parce que j’ai pris conscience qu’on n’a qu’un père. Mon personnage peut sembler être un mauvais père mais je pense qu’il donne les deux valeurs les plus importantes : son temps et son amour !

Vous êtes une star en Belgique, comment s’est déroulé le tournage ? Avez-vous été reconnu ?

On faisait douze piégés par caméras cachées, il y en avait en moyenne deux-trois à chaque fois qui me reconnaissaient, mais on le sent vite. Ce qui est drôle c’est la réaction des gens qui pensent me piéger à mon tour une fois qu’ils ont compris, mais ça sonne faux… Un peu comme quelqu’un qui vous dit « Je t’aime » quand il ne le pense pas !

D’où la difficulté de tournage, car les scènes sont quand même tournées dans des lieux publics...

Elles étaient un peu toutes compliquées mais on prenait des Flamands qui parlaient bien français parce que les Flamands ne regardent pas ce qui se passe au niveau culturel en Wallonie et inversement. Dans la scène de l’hôpital, par exemple, on prétextait un besoin de renfort pour faire venir des infirmières d’autres services.

Je voulais des gens avec une « gueule de cinéma », je les voulais en gros plan pour aller chercher les émotions parce qu’une caméra cachée filmée de loin, avec juste le son, ce n’est pas intéressant.

Richard, l’un des piégés justement, a un vrai physique de cinéma mais également une histoire personnelle proche de celle de votre personnage. On a limite du mal à croire que cela soit du au hasard...

C’est juste incroyable, parce que dans cette scène, je suis censé être évadé et dans la salle d’attente est diffusée le flash info sur la RTBF parlant de mon évasion, et il reconnaît tout de suite l’un des gardiens de prison qui témoigne.

Pour tout vous expliquer des préparatifs de tournage, nous avons été chercher les futurs piégés chez Pôle Emploi en leur proposant de participer à un examen pour tester la surdité dans un hôpital de Liège « Vous êtes payés 80€ si vous venez ». A l’arrivée de chacun d’eux, ils étaient installés en salle d’attente avec des figurants et moi j’arrivais avant la diffusion du flash info.

Quelles étaient les contraintes de tournage ?

C’est un an et demi de travail avec des tournages effectués chronologiquement et montés dans la foulée. On voulait savoir qui garder avant de continuer à tourner le film pour avoir une continuité.

Est-ce que vous auriez pu tourner en France ?

J’ai voulu tourner en Belgique pour plus de simplicité. Qui va perdre une heure de son temps pour expliquer à quelqu’un qui vous drague que vous n’êtes pas la bonne personne. À Paris, par exemple, personne n’a le temps de vous donner l’heure. Si on avait tourné en France, on aurait mis 10 ans et on aurait sûrement du attendre des touristes belges ! (Rires)

Est-ce plus simple que de tourner des caméras cachées classiques ?

La difficulté sur ce tournage, par rapport aux caméras cachées pour la télévision, c’est, qu’habituellement, les piégés venaient à moi, se faire tatouer, au péage ou au guichet. Si vous venez acheter votre forfait de ski, une fois que j’ai votre Visa, je vous tiens même 3h si je veux. Il y a là un coté moins violent, plus dans le jeu. Le scénario de base faisait 30 pages et il fallait nourrir chaque situation pour les rendre marrantes et avoir de la matière.

Mon ket, actuellement au cinéma

🍿 Propos reccueilis lors de la tournée promo UGC Ludres

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